La mobilisation infirmière au Québec est un exemple à suivre

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Depuis plusieurs semaines, nous assistons à une mobilisation collective des infirmières au Québec. Celles-ci posent des gestes dans leurs milieux de travail (ex. : « sit-ins », port de chandail ou de brassard, témoignages photos ou vidéos, etc.), organisent des assemblés sur les soins à travers la province (p.ex., Montréal, Gatineau, Québec), documentent leurs conditions de travail (ex. : Livre noir des urgences de l’Outaouais) et se mobilisent pour dénoncer la crise actuelle, comme c’était le cas en fin de semaine à la manifestation Unis pour la santé à Montréal. On parle ici d’une mobilisation sans précédent dont la portée dépasse largement le Québec. Bien que les infirmières du Québec soient particulièrement touchées, les enjeux auxquels elles s’attaquent ne sont pas uniques au Québec d’où l’importance de s’inspirer de leurs actions. De Terre-Neuve à la Colombie-Britannique, les infirmières font face à des conditions de travail de plus en plus difficiles, à un système qui n’utilise pas leur expertise de façon optimale et à une pénurie qui perdure année après année.

Les nombreuses compressions budgétaires imposées par les gouvernements provinciaux au fil des années et la gestion inefficace des soins ont contribué aux conditions de travail médiocres et non sécuritaires dans lesquelles les infirmières doivent aujourd’hui exercer leur profession. Peu importe la province dans laquelle elles travaillent, les infirmières font face à une surcharge de travail qui s’explique par des ratios infirmière-patients élevés et des besoins de plus en plus complexes des patients. Elles sont aussi contraintes à faire du temps supplémentaire. Prenons en exemple les infirmières du Manitoba qui se mobilisent actuellement contre le temps supplémentaire obligatoire. Ironiquement, elles voient aussi leurs postes à temps plein être supprimés et remplacés par des postes de professionnels moins qualifiés. C’est dans ce contexte qu’est attendue, dans les prochaines semaines, la décision finale du Saint Joseph’s Healthcare en Ontario qui proposait, en mars dernier, de remplacer des infirmières autorisées par des infirmières auxiliaires au sein de leur unité de néonatalogie.

En plus de la surcharge liée aux soins, plusieurs infirmières se retrouvent également à effectuer des tâches qui ne maximisent pas leur champ d’exercice. L’utilisation sous-optimale de leur expertise augmente à la fois le taux d’insatisfaction au travail et le risque d’épuisement professionnel. De plus, elle diminue la qualité des soins offerts et empêche les infirmières de faire appel à des compétences qui pourraient augmenter l’accès aux soins à la population. Par exemple, les provinces de l’Ontario et du Québec font la promotion de la prescription infirmière, car celle-ci s’inscrit dans le champ d’exercice des infirmières et maximise l’utilisation de leur expertise. Or, la transposition vers les milieux cliniques s’avère difficile. Les barrières organisationnelles sont nombreuses et pendant ce temps, les infirmières continuent d’être surchargées par des tâches qui n’ont rien à voir avec leur rôle. Améliorer les conditions de travail, l’efficacité des milieux et l’accès aux soins pour la population passe notamment par la reconnaissance du rôle unique que peuvent jouer les infirmières au sein du système de santé. En plus…