Pardonner à son corps d’avoir été malade

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Ces paroles sont non seulement prononcées par une patiente, mais aussi par un médecin, puisque la Dre Cynthia Lauriault, récemment guérie d’un cancer du sein, est également médecin omnipraticien auprès de patients en soins palliatifs. C’est donc dire qu’elle côtoie la mort pratiquement quotidiennement… mais celle des autres. Jamais elle n’aurait cru que le canon du fusil se retournerait contre elle.

C’est pourtant ce qui est arrivé, contre toute attente, puisqu’elle ne présentait aucun facteur de risque: 30 ans (un groupe d’âge normalement peu touché), vie saine, femme active…

«Ça m’a jeté par terre littéralement. […] Ça faisait dix jours que j’avais 30 ans, quand j’ai eu mon diagnostic. […] Je me suis fait des ‘amis de cancer’, comme on dit, qui étaient dans la trentaine comme moi, et on arrivait au même constat: on se sentait comme des extraterrestres. On est jeunes, on a l’impression qu’on n’a pas notre place. Un peu comme le syndrome de l’imposteur. Des jeunes mamans dans une salle d’attente âgée. Ça a clashé un peu», explique au Droit Mme Lauriault.

Puis, ce sera le long couloir: une mastectomie en septembre 2017, un diagnostic de cancer non invasif, de la radiothérapie jusqu’au 22 décembre et cinq ans d’hormonothérapie à suivre.

Depuis quelques semaines, la Dre Lauriault est retournée au travail et a retrouvé ses patients.

«On (m’a) dit: ‘tu vas être un meilleur médecin’. Moi, en fait, ce que je dis maintenant, c’est que je suis un meilleur humain. […] J’ai cette chance-là, à 30 ans, d’avoir soif de ma vie et soif de la vivre. Peu de gens ont la chance d’avoir des lunettes comme les miennes à 30 ans. Ça fait longtemps que mes patients m’en parlent de leurs lunettes trouvées plus tard. J’ai eu la chance de les trouver de bonne heure, de guérir, d’avoir une deuxième chance.» En plus…

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