Quand la mort incite à vivre plus et mieux

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C’est la question que s’est posée Ève Gaudreau, au point d’être devenue la première – et la seule – psychoéducatrice du Québec à se spécialiser en soins palliatifs.

Cet intérêt pour les soins de fin de vie s’est manifesté il y a huit ans, alors que la jeune femme de Rouyn-Noranda travaillait comme infirmière auxiliaire à la Maison du bouleau blanc à Amos. «En voyant la richesse de ce milieu, mais aussi les besoins importants sur le plan psychosocial et spirituel non religieux, j’ai vraiment eu le coup de foudre professionnel», a-t-elle relaté.

Mme Gaudreau a donc laissé sa profession derrière elle pour entreprendre à l’UQAT un baccalauréat et une maîtrise en psychoéducation, avec une spécialisation en soins palliatifs. «Je suis devenue la première du genre au Québec et, à mon avis, la seule à ce jour», a-t-elle indiqué.

Épreuve existentielle difficile

Cet intérêt l’a amenée, dans le cadre d’un stage à la Maison de l’envol, à écrire un livre destiné à aider les gens à accompagner les personnes en fin de vie sur le plan spirituel non religieux, un besoin qui se manifeste de plus en plus.

«Nous vivons dans une époque de transition où, à l’intérieur d’une même famille, plusieurs croyances cohabitent. C’est maintenant très hétéroclite. Le défi consiste à voir ce que l’autre perçoit de la spiritualité, du sens qu’il veut apporter à sa vie, de ce qu’il veut laisser derrière lui, sans lui imposer nos valeurs. Lorsqu’on n’adhère pas à un dogme, cette épreuve existentielle peut s’avérer particulièrement difficile à traverser», a exposé Ève Gaudreau.

À tous ceux qui vont mourir un jour

Publié à L’ABC de l’édition, l’ouvrage Qui suis-je pour t’accompagner vers la mort? résulte de trois ans de réflexion et de collecte de données. Il ne propose pas de définition, mais incite plutôt le lecteur à réfléchir, autant sur l’autre que sur soi.

«Au début, je croyais écrire d’abord pour les équipes de soins palliatifs, mais je me suis rapidement rendue compte que ça s’adresse à tous ceux qui vont mourir un jour, a mentionné Mme Gaudreau avec le sourire. Accompagner une personne en fin de vie déstabilise, car ça nous incite, nous aussi, à réfléchir sur notre condition de mortel. Le livre nous permet donc de dresser un bilan de vie et de voir si on s’en va dans la bonne direction.»

Valse à trois temps

Le livre amène successivement le lecteur à s’interroger sur lui-même, à examiner sa relation par rapport aux autres et à se questionner sur le sens à donner à sa vie.

«C’est une valse à trois temps, a illustré Mme Gaudreau. On commence par l’expérience acquise dans notre passé, avec les valeurs que nous ont transmises nos parents. Puis, on regarde le présent, qui on est, nos croyances et nos qualités, avant d’examiner le futur. On s’interroge alors sur nos projets de vie et ce qui donne un sens à notre existence. Je ne propose pas de réponses. Au contraire, je veux que les gens terminent le livre en se posant des questions.»

Le lancement du livre d’Ève Gaudreau s’accompagne d’une exposition. Un deuxième livre pourrait aussi voir le jour en 2014.

 

Cliquez ici pour voir l’article original via Abitibi Express

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