Une façon innovante d’aborder les troubles neurocognitifs chez les aînés

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Cet article a été initialement publié par Hebdo Journal. Pour l’article original, visitez ce lien. 

Par AudreyLeblanc

Le CIUSSS de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec s’est récemment illustré à travers la province en remportant trois Prix d’excellence du réseau de la santé et des services sociaux pour des initiatives réalisées sur le terrain au profit des usagers. L’un de ces projets est en lien avec la façon d’aider les aînés qui ont des troubles neurocognitifs comme l’Alzheimer. La nouvelle approche a permis dans certains cas de reporter de plus d’un an un changement de milieu de vie.

Le CIUSSS a mis en place des interventions de réadaptation cognitive effectuées par le service d’ergothérapie du soutien à domicile. Ces interventions s’adressent aux personnes âgées présentant un trouble neurocognitif majeur de stade léger ou modéré.

« On travaille avec des gens qui sont à un stade où on voit des difficultés comme la prise de la médication ou la préparation des repas, précise Jessica Déry, conseillère cadre aux services gériatriques et au programme de soins palliatifs et de fin de vie pour le CIUSSS MCQ. On va apprendre à ces personnes à développer des automatismes pour qu’elles soient capables de faire les choses du quotidien. »

C’est l’ergothérapeute qui détermine si la personne est un bon candidat pour cette approche. « Ça peut être avec des gens qui ont des diagnostics différents. On ne se base pas sur un diagnostic, mais plutôt sur les capacités de la personne, soutient Mme Déry. Il y a des types de mémoire qui sont altérés par la maladie, mais d’autres qui ne le sont pas. Et c’est pour ça qu’il est important de travailler avec ce qui est encore intact, d’où le pourquoi on mise sur les automatismes. »

« Avant, on était là très tôt dans le processus, au moment du diagnostic, et très tard, quand c’était le temps de changer la personne de milieu de vie, ajoute cette dernière. Entre les deux, on n’était pas là. Mais ce projet vient changer ça. Les gens ont encore des capacités et c’est important de les mettre à profit. »

Pour mettre sur pied ce projet, le CIUSSS MCQ a travaillé en collaboration avec des chercheurs universitaires afin d’appuyer les interventions sur la recherche. « C’est une approche personnalisée. Il n’y a pas de recette toute faite applicable à tous. On travaille à partir de la personne et de ses motivations. Ça prend certains critères. Il faut, entre autres, que la personne ait envie de le faire et qu’elle ait conscience de ses difficultés », mentionne Mme Déry.

Les rencontres ont lieu à domicile en collaboration avec les proches afin d’assurer l’intégration au quotidien. « C’est une façon nouvelle d’aborder les troubles neurocognitifs, indique Mme Déry. Il y a eu de l’éducation à faire pour changer les perceptions. Il faut voir la maladie autrement. Au lieu de se dire qu’il est trop tard et qu’il faut compenser avec des soins, on travaille à partir des acquis pour développer des compétences. »

« Surcompenser avec des soins peut avoir pour effet d’accélérer les pertes, renchérit cette dernière. En abordant la situation différemment, on constate des gains rapides, en quelques semaines seulement. Tout ça, ultimement, permet aussi de réduire les heures de soins de la personne. C’est donc du temps qui est récupéré pour aider encore plus de gens. »

Retombées positives

Depuis leur mise en place en 2016, ces interventions ont permis d’augmenter l’autonomie des usagers. Pour l’ensemble des objectifs établis, 80 % sont atteints complètement par les usagers et 13 % partiellement, et ce, en dépit de l’évolution de la maladie.

De plus, une réduction des heures de soins requises au quotidien est observée. On parle ici d’une réduction se situant entre 1,5 heure et 7 heures. On note également une prolongation du maintien à domicile dans 88 % des cas. Il y a également des retombées positives au niveau de la qualité de vie et de l’estime de soi des personnes concernées par cette approche.

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