La perspective d’une patiente

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Toutefois, j’habite une grande ville canadienne. Cela signifie que, si j’en avais besoin, j’aurais accès à des services de soins palliatifs et à des aidants naturels. J’ai un bon médecin de famille. J’ai le temps, l’argent et le niveau d’alphabétisation nécessaires pour comprendre et accéder à toutes les options de traitement à ma disposition. Je ne m’inquiète pas d’avoir une mort confortable.

Ce n’est pas le cas pour tous les Canadiens. Dans les régions rurales et éloignées, il est difficile de trouver et d’obtenir ce type de soins. Pour les Canadiens qui font partie de groupes minoritaires, il peut être difficile de trouver une équipe de soins de santé qui parle votre langue et comprend votre culture. De plus, le fardeau financier et émotionnel pour les aidants naturels immédiats du patient peut renforcer ces difficultés.

L’accès aux services de soins palliatifs peut parfois constituer un défi pour les Canadiens. Cet accès s’est considérablement amélioré au cours des dix dernières années, mais de nombreuses régions rurales manquent encore de services de qualité de soins palliatifs et d’aidants naturels. De plus, le transport vers et depuis ces services peut être problématique pour les patients et leur famille. Bien que l’éducation des médecins et du personnel de soutien devienne une partie intégrante de la formation médicale, beaucoup d’établissements de soins de longue durée manquent encore de personnel formé.

Il peut être difficile de naviguer le système de soins de santé, quel que soit l’endroit où vous vivez. Pour les patients comme pour leurs aidants naturels, le stress lié à tous les problèmes sociaux et financiers qui surviennent à la fin de la vie peut représenter un immense fardeau. Le nouveau Programme de prestations de compassion du Canada a permis de faire d’énormes progrès pour améliorer cette situation, mais il ne concerne pas les travailleurs autonomes, ni les 36 % estimés d’aidants naturels qui sont âgés de plus de soixante-dix ans.

En tant que survivante du cancer, je crois que les membres les plus critiques de l’équipe soignante d’un patient sont la famille et la communauté. Notre système de soins de santé, bien qu’il fasse des progrès, ne reconnaît toujours pas pleinement le degré auquel la communauté immédiate du patient contribue à ses soins. En trouvant un moyen pour mieux intégrer cet élément des soins des patients avec les services de santé existants, ainsi que pour donner un meilleur accès aux soins adaptés à la culture à tous les Canadiens, nous pourrons tous nous estimer chanceux, même lorsque nous serons confrontés à une maladie terminale.

Tanny Nadon
Directrice et présidente des Enjeux concernant les patients au Réseau canadien de lutte contre le cancer, un réseau national qui regroupe les organismes de lutte contre le cancer axés sur les besoins des patients

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