Les meilleurs anges gardiens: l’art pour aider à oublier les maux

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Cet article a été initialement publié par Le Journal de Québec le 2 août 2022. Pour l’article original, visitez ce lien.

Par Jérémy Bernier

Marcia Lorenzato

  • Détentrice d’une maîtrise en psychopédagogie à l’Université Laval en 1992 et d’un doctorat en études et pratiques des arts à l’Université du Québec à Montréal en 2007
  • Travaille comme accompagnante par l’art au Centre Bonenfant-Dionne de la Maison Michel-Sarrazin

Arrivée dans un centre de soins palliatifs par hasard, Marcia Lorenzato était loin de se douter qu’elle deviendrait un jour l’un des piliers de l’établissement. Quinze ans plus tard, elle a permis à des centaines de malades de s’épanouir avant qu’ils s’éteignent.

« Marcia travaille un peu dans l’ombre, sans réaliser tout l’impact que son travail apporte aux gens, alors qu’elle porte sur ses épaules l’un des noyaux forts du centre. Et elle ne compte pas son temps », affirme Danielle Leblanc, infirmière clinicienne du Centre Bonenfant-Dionne.

Souhaitant simplement « faire une pause » après avoir terminé son doctorat, Marcia Lorenzato s’est présentée à l’établissement situé dans la Maison Michel-Sarrazin de Québec avec l’intention d’y offrir des œuvres pour la journée de la Femme, en 2007.

Le hasard a voulu que le Centre Bonenfant-Dionne, qui vise à améliorer le bien-être des personnes atteintes de cancer en phase palliative, soit à la recherche de bénévoles pour donner des ateliers d’expression artistique.

« Finalement, je suis restée collée ! » lance en riant la femme de 62 ans qui occupe depuis un poste officiel au sein de l’organisation. « Je suis tombée en amour avec l’aspect humaniste du travail. »

Un besoin fondamental

La mort marche dans l’ombre de chacun des « invités » qui franchissent la porte du local de l’accompagnante par l’art. Pourtant, ils en ressortent tous les yeux brillants, le cœur léger et les épaules détendues.

« Ça nous permet de faire sortir toutes nos émotions et de les canaliser pour créer. Quand je fais de l’art avec Marcia, le temps s’arrête. Je suis bien, ici et maintenant », affirme avec émotion Kathy Gilbert, qui participe aux ateliers.

Pour Mme Lorenzato, l’accomplissement est un besoin fondamental de l’être humain. Et même si le temps est compté pour ses invités, il est important que chacun soit en mesure de « boucler la boucle » en étant en paix avec soi-même.

« L’annonce d’une mort imminente entraîne un énorme sentiment d’impuissance. Le processus artistique leur permet de cheminer et d’intégrer ce concept, sans toutefois l’oublier. Ça allège leurs maux », explique la sexagénaire originaire du Brésil.

Des souvenirs inoubliables

Après quinze ans, Marcia Lorenzato affirme avoir été touchée d’une certaine façon par chacune des personnes qui ont franchi la porte de son atelier, qu’elle les ait côtoyées deux semaines ou deux ans.

Il n’est d’ailleurs pas rare que plusieurs d’entre elles aient l’idée de faire appel à l’aide médicale à mourir en raison de leur souffrance intérieure, avant de changer d’avis après quelques rencontres. Il n’y a pas meilleure paie, croit l’accompagnante.

« Pour moi, c’est un privilège de pouvoir faire un changement dans la vie des gens. J’ai l’impression qu’ils prennent soin de moi, autant que je prends soin d’eux », conclut-elle.

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