Les soins en musique à la fin d’une vie

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J’en fus témoin quand mon père mourait dans la chambre 217 à l’hôpital Cottage à Uxbridge au nord de Toronto.

Mon père adorait la musique. Il jouait du piano à l’oreille. J’avais l’habitude de jouer avec lui côte à côte, moi au piano et lui à l’orgue. A travers ses épisodes de pontages cardiaques multiples, la musique accélérait ses convalescences. Enfin, il a dû affronter la phase finale d’une maladie incurable. Encore les effets de la musique le soutinrent au cours des traitements, des soins palliatifs, et jusqu’à ses dernières heures. Ces mélodies restent encore l’accord harmonieux entre lui et moi.

Justement, la musique relie et affermit les liens entre ceux qui partagent les expériences menaçant la santé.  Il y a donc des bénéfices psychosociaux à utiliser la musique en phase finale.  Comme le souligne Dr. Amy Clements-Cortes Musicothérapeute principale à l’hôpital Baycrest, les mourants cherchent de l’aide allant plus loin que la palliation physique. Elle affirme que la musicothérapie aide à compléter les relations intimes ainsi que les relations  intra-personnelles.

La tâche de la complétion des relations s’accomplit en phase finale. Selon Dr. Byock cette tâche comprend cinq affirmations profondes : « Je t’aime », « merci », « pardonne-moi », « je te pardonne », « adieu ».  Il n’est pas toujours facile de compléter la relation en ces termes. C’est alors que certains chants écoutés peuvent communiquer le message voulu mais difficile  à exprimer. Il s’agit par exemple des paroles de chants touchant des thèmes tels que l’attachement, l’amour qui remonte l’esprit, les souvenirs chers, la tendresse, l’amitié etc.

Les personnes donnant les soins auprès des bienaimés bénéficient autant de la musique en cette période de transition. La musicothérapeute palliative Deborah Salmon s’y réfère en termes d’endiguement émotionnel. La musique, selon elle, sert de moyen d’expression et d’endiguement pour les émotions telles que la colère, la solitude, la crainte, la tristesse ou la reconnaissance.

Le for intérieur du souffrant peut être soutenu par la musique. Il y a des musiques qui aident à régler la respiration et à faciliter le sommeil.  D’autres encore aident au soulagement de la douleur et au réconfort psychique quand la vie telle qu’on l’a connue s’éteint. La musique apporte souvent une certaine signification positive à la vie dans la souffrance. Aussi, plusieurs patients retrouvent la paix et la force spirituelle en écoutant de la musique. Leur foi, leur courage et leur espérance s’accroissent.

En somme, la musique joue un rôle unique en nous accompagnant à travers la diagnostique, les traitements, la palliation, la phase finale et la transition terminale. Elle offre des soins, du réconfort et de la continuité aux relations intimes. J’ai vécu cette continuité avec mon père. Ce fut profond et transcendant, une expérience mémorable dans le contexte des soins qui lui ont été offerts lors de sa grande transition.

Bev Foster est la Directrice Exécutive de la Fondation Room 217, une organisation caritative canadienne dédiée aux soins en musique auprès des souffrants. Visitez www.room217.ca

 

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